La génétique (part 2)
Il est préférable d'avoir lu la section génétique de Mendel avant de se lancer dans cette section-ci à moins d'avoir déjà des notions de génétique.
Le but de cette page est d'approfondir les notions de génétique chez les reptiles et de présenter les différentes phases de cornsnakes présentes sur le marché actuellement. Elles ne seront pas toutes présentées, mais les plus fréquentes le seront.
La reproduction de serpent est très intéressant surtout lorsqu'on désire obtenir certaines phases ou découvrir les « Het » de nos reproducteurs (Het = hétérozygote).
Il est important de comprendre la différence entre un phénotype et un génotype avant de se lancer dans la reproduction de cornsnake de différentes phases. Un génotype fait référence à ses gènes directement (le génotype désigne chacun des 2 allèles d'un même gène). Le phénotype est l'apparence que ce génotype a concrètement. Par exemple, un serpent des blés amélanistique aura ses deux allèles du gène « A » mutées, il sera donc caractérisé par l'absence de mélanine, c'est-à-dire que le serpent sera rouge et blanc, il n'y aura aucun noir sur son corps ni dans ses yeux.
Lorsqu'on ne parle que d'un gène, comme dans ce cas-ci il n'avait été question que du gène « A », cela signifie automatiquement que tous les autres gènes de coloration du serpent sont normaux et donc non mutés. Il n'est pas nécessaire de nommer la formule génotypique du serpent en entier si le serpent n'a pas d'autres gènes mutés. Par exemple, pour un serpent amel, on ne dirait pas que le serpent est aaHHDDCC, etc.
Lorsque la lettre est en majuscule, il s'agit de la dominance et lorsque que la lettre est en minuscule, il s'agit de la récessivité (voir génétique de Mendel). Généralement l'allèle sauvage (qu'on retrouve naturellement dans la nature) est dominant par rapport à la mutation. Il existe des exceptions à cette règle générale.
Il existe une autre méthode pour identifier les génotypes. Elle ne fonctionne pas avec des majuscules ou minuscules, mais bien avec une lettre en exposant. Il est utile d'utiliser cette terminologie lorsque plusieurs types de mutations peuvent affecter un même gène (notion de locus que nous n'aborderons pas). Prenons par exemple le gène des motifs « motley » et « stripe ». Ces deux phénotypes sont possibles à obtenir à partir d'un seul et même gène : Le gène M. Si le serpent a des motifs normaux et est hétérozygote pour ce trait, il sera M+M+, le « + » est pour sauvage. De la même façon, le génotype mmmm présenterait un phénotype de type « motley » et msms, un phénotype de type « stripe ». « Motley » est dominant sur le « stripe », c'est-à-dire qu'un serpent de génotype mmms sera de phénotype « motley ».
Voici un tableau des mutations les plus communes :

Note : les lettres que j'ai employé pour désigner les génotypes ne sont pas une convention, mais sont utilisées pour simplifier la terminologie et la compréhension.
Bébé amélanistique (amel) |
Bébé snow |
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Bébé anerythristique (anery) |
Bébé régulier |
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Lors de l'introduction à la génétique, il a été question d'un seul gène muté ou non qui déterminait un trait en particulier. Ici il sera encore question de ce type de transmission d'hérédité, mais également de transmission multiple de gènes. Comme par exemple un corn snake blizzard doit avoir les 2 allèles des gènes « A » et « C » mutés pour avoir la coloration typique du serpent blizzard. C'est-à-dire que les deux gènes ensemble confèrent une certaine pigmentation au serpent.
Les deux gènes ont donc un impact sur une même caractéristique. Il faut donc évaluer leur distribution simultanément. Il est possible de tracer en échiquier de Punnett pour ces cas de transmission, mais ce dernier est un peu plus complexe.
Prenons par exemple un mâle charcoal Het amel (Aacc) croisé avec une femelle Amel het charcoal (aaCc).
La première étape consiste à évaluer toutes les possibilités de distribution des deux gènes pour un même géniteur. Pour le mâle, les possibilités sont: Ac Ac ac ac, pour la femelle les possibilités sont aC ac aC ac. Dans le premier exemple le mâle peut donner son allèle non mutée du gène amel et un allèle muté du gène charcoal, etc.
L'échiquier de Punnett est maintenant possible à établir:

Analysons maintenant l'échiquier des probabilités:
4/16 sont de génotype AacC
4/16 sont de génotype aacC
4/16 sont de génotype Aacc
4/16 sont de génotype aacc
Les probabilités seraient donc respectivement de :
25% de bébés réguliers
25% de bébés amel
25% de bébés charcoal
25% de bébés blizzard
Prenons un autre exemple pour approfondir la compréhension. Disons qu'on croise deux parents réguliers het amel et het anéry A (AaDd). Les possibilités sont donc les mêmes pour le mâle et la femelle qui sont les suivantes : AD Ad, aD, ad.

1/16 de AADD.... Régulier aucun het
2/16 de AADd.... Régulier, het pour anéryA
2/16 de aADD.... Régulier, het pour amel
4/16 de aADd.....Régulier, het amel et het anéryA
1/16 de AAdd.....AnéryA
2/16 de aAdd.....AnéryA, het amel
1/16 de aaDD.....Amel
2/16 de aaDd.....Amel, het anéryA
1/16 de aadd....Snow
Donc, si on regarde seulement les phénotypes, on obtient les probabilités suivantes:
9/16 de régulier
3/16 de anéryA
3/16 de amel
1/16 de snow
Parfois sur certains sites de vente de serpents, il est possible de voir annoncé un serpent 66% de probabilité d'être het pour un trait en particulier.
Voici pourquoi.
Disons qu'on croise deux serpents réguliers het pour amel seulement.
On obtient l'échiquier suivant :

Donc 25% des bébés seront amel et les autres auront un phénotype régulier. Une personne pourrait donc vendre les bébés réguliers en disant 66% het amel. En effet, les bébés amel ne sont pas comptés dans le calcul puisqu'il est possible de les différencier. Les bébés réguliers ont tous la même apparence et le 2/3 d'entre eux sont probablement (tout dépend des probabilités) het amel. Donc 2/3=66%.
Si on complexifie la chose, on peut reprendre l'exemple des deux parents réguliers het amel et het anéryA.
Les bébés AnéryA sont 66% het amel, car le 2/3 des bébés sont het amel.
Pour les réguliers, il serait possible de dire 22% het anéryA, 22% het amel, 44% double het (AnéryA et amel). Il resterait donc une probabilité de 11% de bébés sans het.
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